Chien blanc

Chien blanc

«C’était un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe, ce qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l’enseigne du Chien-qui-fume, un bar-tabac à Nice, non loin du lycée de mon enfance. Il m’observait, la tête légèrement penchée de côté, d’un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable.Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills, où je venais de rejoindre ma femme Jean Seberg, pendant le tournage d’un film.»

Romain Gary dévoile une partie de sa vie américaine avec l’actrice Jean Seberg et leurs animaux domestiques, dont Batka, un berger allemand, « chien blanc » qui n’aime pas les humains noirs, dans ce roman publié en 1972. Ce chien qui a peur des personnes de couleurs sera envoyé en pension pour qu’il puisse être soigné.

L’Amérique à feu et à sang, vue par l’auteur de La promesse de l’aube et des Racines du ciel, prix Goncourt 1956. L’auteur livre des réflexions sur la condition des personnes opprimées dans nos sociétés. Le chien est un miroir de l’âme humaine : on ne devient pas raciste quand on est chien, on le devient, par dressage : « là où il y a de la haine, il n’y a pas d’éducation« . 

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